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4 juin 2020 à 17 h 34 min

L’idée d’accueillir la biodiversité au jardin peut répondre à plusieurs motivations qui sont parfois
mélangées :

Se faire aider par la nature pour profiter des auxiliaires en installant des nichoirs, des
gîtes à insectes, une mare ou des ruches.

On sèmera aussi des oeillets d’Inde au potager et on associera des poireaux aux fraisiers tout en restant maître de l’organisation du jardin.

Ou bien chercher d’abord à observer qui vient au jardin : quels insectes, quels oiseaux, quels services ils nous rendent et quelles fleurs ou petits coins ils apprécient particulièrement . On laissera alors ces fleurs (autrefois des mauvaises herbes) et ces coins non tondus en se disant que chacun a sa place et que si on l’enlève, c’est un peu de l’équilibre du jardin qui en souffre. Ou bien jardiner sans se donner trop de mal, et sans vouloir forcément produire les plus beaux légumes.

On ne peut qu’admirer ce que fait la nature et lui laisser faire le travail en changeant son regard sur nos anciennes pratiques« productives » Cela nous oblige en tous cas à changer notre regard sur le jardin « propre » où tout est aligné sans une « mauvaise herbe ».

En plus d’installer des gîtes à insectes et des nichoirs qui sont décrits partout (voir les cahiers
techniques sur fcpn.org) on peut garder quelques principes de fonctionnement calqués sur ceux de
la nature :

Laisser des coins d’herbe haute, non tondus où viendront gîter les lièvres et butiner les insectes.
Cela peut être, pour commencer, l’arrière de la pelouse qu’on tondait autrefois. Dans cet espace non
tondu, laisser aussi quelques fagots et écorces, par exemple les restes échappés du broyeur pour
attirer les hérissons et quelques pierres en tas au soleil pour faire venir les lézards. Dans le fond du
jardin, on peut aussi laisser des orties, tanaisies, consoudes ou autres plantes un peu envahissantes
mais qui serviront à faire des purins ou des soupes. Et s’il faut absolument une pelouse, tondre
moins ras espace l’opération et protège la faune du sol.
Toujours couvrir le sol car le sol n’est jamais nu dans la nature. On s’évitera bien des arrosages en été et la faune du sol sera protégée. En plus les herbes indésirables auront du mal à pousser. Un sol bien paillé en hiver sera prêt à travailler au printemps. C’est aussi les limaces qui vous remercieront, inutile de nier cet inconvénient. Pour éviter les granulés bleus, je dispose des planches (restes de parquet) autour des endroits à protéger avec des lamelles de pomme de terre dessous. Et le matin, partir à la chasse aux limaces avec les enfants fait partie de la première visite au jardin.
Une autre solution est de couvrir le sol avec des plantes comme le lierre, les géraniums, les lamiers
ou le bugle rampant. Ils feront un tapis fleuri et garderont aussi la fraîcheur du sol.
Laisser grainer les plantes sans couper tout le temps les fleurs fanées. Les pollinisateurs
apprécieront et en récoltant les graines de plantes bien rustiques, on peut prévoir l’année suivante
et faire des sachets pour les trocs. Les gaillardes, Julienne des dames, sauges, coquelourdes,
anthémis des teinturiers, lavande, centranthe… fleurissent longtemps et se resèment. Les rosiers
anciens à petites fleurs sont intéressants pour les pollinisateurs quand les étamines sont visibles au
centre de la fleur. Cela suppose aussi d’éviter les plantes trop sophistiquées et les hybrides F1 qui
donnent très rarement des graines utilisables.
Choisir des plantes adaptées au terrain, notamment pour la haie, choisir des arbustes
rustiques ne poussant pas trop vite et les plus variés possible pour accueillir eux mêmes la
biodiversité animale. Et en cas de maladie sur une espèce, toute la haie ne sera pas détruite. En plus
c’est tellement plus esthétique qu’un mur végétal uniforme. Les arbustes à fruits persistants sont
utiles pour les oiseaux en hiver, donc privilégier les alisiers, viornes, troënes, fusain, sureau, églantier, aubépine, cornouiller..plutôt que les thuyas et laurier palme. Mention spéciale au sureau noir qui attire et donc canalise les pucerons sur ses jeunes pousses au printemps. Il a de multiples usages en confiture (fruits), beignets, limonades et sirops (fleurs). De même que le lierre qui nuit aux joints des murs mais pas aux arbres et ses fleurs d’automne assurent la nourriture des abeilles et leur permettent de faire des réserves pour l’hiver.

Accueillir la biodiversité au jardin est une source d’observations sans fin, y compris pour les enfants
qui verront bien avant nous la trompe des papillons et les fourmis traire les pucerons.

Article préparé par Blandine de Montmorillon de l’association Compost et Territoire

http://www.compost-territoire.org

#cafecompost2020

11 juin 2020 à 16 h 03 min

Blandine vous fait visiter son jardin, et vous donne des astuces pour accueillir la biodiversité

  • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 2 semaines par  Céline.

11 juin 2020 à 18 h 33 min

Pour échanger autour de cette pratique, RDV vendredi le 12 juin à 17h30 par téléphone avec Blandine de Montmorillon de l’association Compost et Territoire.
Composez le 09 72 12 34 56, puis le 654979# (appel gratuit).

  • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 2 semaines par  Céline.

12 juin 2020 à 14 h 44 min

Message de Hélène sur notre Facebook:

Un guide pratique bien fait dans ce sens : « Du jardin d’ornement au jardin vivant – Alternatives pour des plantations à intérêt écologique »

https://fr.calameo.com/books/0004893554f15bd099ea1

  • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 2 semaines par  Céline.

12 juin 2020 à 16 h 48 min

Merci Hélène, toutes les idées sont bonnes à prendre quand on profite de l’expérience des autres. Il y a aussi plusieurs livres de Terre vivante bien faits, notamment ceux de Vincent Albouy sur les insectes, et la pollinisation.